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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 17:07

L'univers musical de la swing era s'est confiné à développer une richesse de styles et de tendances orchestrales, ceci étant du au fait de la mise en avant du métier d'arrangeur pendant cette époque difficile où il fallait se distinguer des autres et plaire à un grand public.

 

swing.jpg

La tendance et le modèle dit "Hendersonien" 

Ce modèle d'arrangement sans contrepoint fut axé sur des orchestrations simples par un dialogue entre les sections "leads et de backup". Les arrangements furent puissants et dynamiques mais de facture assez simples, cohérents pour mettre en relief les mélodies thématiques de base; le chant lead. Aucune section instrumentale ne devait dominer l'autre, mais chacune devait participer à créer une osmose sonore équilibrée de timbres instrumentaux.  C'est le premier modèle de base homophonique d'arrangement d'orchestre de la swing era; les débuts de l'Hendersonisme.

 

FletcherHenderson-AfroAmerican1930-05-03.JPG  Fletcher_Henderson_8120672.jpg

La tendance et le modèle "Lunceford"

Une seule phrase peut résumer cette tendance d'arrangeur; the "rythm is our business". Ce modèle comme ce style orchestral s'est définit autour d'un travail important de la section rythmique pour créer une dimension "bounce swinguante" très syncopée. Les tempos furent souvent medium-lents en 2/4 ou 6/8, ce qu'on appela le tempo swing "lunceford". Le dialogue subtil entre chant et contre-chant des cuivres et des anches fut mis en avant par le talent des solistes, cet élément d'instrumentation fut la signature du modèle d'arrangement orchestral "Lunceford".

 

apollo-bands.jpg  jimmie-lunceford.jpg

Le style et le modèle "Kansas city swing"

Cette ville a produit les archétypes du middle jazz en matière d'orchestration. Ce sont des modèles de formes ternaires AA'BA en anatole ou en forme blues. Les "head arrangement" vont se développer dans le cadre des orchestres de Kansas city. Ils consistèrent en des pièces non écrites où la spontanéité et l'inventivité furent proposées sur le tas par la complicité entre musiciens afin de développer et d'arranger la composition. Le propos fut de raconter une histoire pour créer un climat avec une introduction, un développement et une conclusion. Le "chase" entre solistes sera la signature de ces types d'arrangements également. Le modèle initiateur étant celui de Count Basie et de son style bluesy.

 

kansas-city-blues.jpg

 

Le modèle Ellingtonien

Les arrangements de Duke Ellington représentèrent la quintessence du jazz "classique" avec ces climats "jungle et mood" tel le classique "mood indigo". Toute la richesse de la swing era créée par ses arrangeurs, vont se retrouver dans le modèle Ellingtonien, il fut le fruit de longues années exploratoires. Son orchestre né en 1923 existait toujours en 2012.

Ce style exprima la maturité harmonique et rythmique du swing par la fusion avec les formes classiques comme la suite et le concerto, ce qui engendra le concerto jazz tels les standards comme Echoes from Harlem ou the clarinet lament et les rythmes latinos tels que Moonlight fiesta et orientaux avec Caravan. Le" Growl", le soufflé-chanté qui exprime le grognement comme la "whawha" de la sourdine furent des éléments techniques innovateurs que les virtuoses tels que Cootie Williams ou Bubber Miley ont apporté aux arrangements et à la sonorité du big-band. Le modèle Ellingtonien a cherché à faire éclater les frontières du jazz classique expressioniste vers un jazz symphonique et esthétique.

 

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Le style orchestral Count Basie(kansas city blues)

Après la mort du band leader Bennie Moten, Count Basie va créer avec certains musiciens de Moten, son big-band pour faire revivre l'esthétique du Kansas-city Stomp blues style à New-York. Le style de Basie fut l'un des plus caractéristiques de la swing era avec celui de Duke Ellington. Les mélodies furent simples, bluesy, swinguantes, dynamiques sans excès de finesse, de plus elles furent interprétées par des solistes virtuoses accomplits comme Lester Young, Dickie Wells et Buck Clayton. Son style orchestral le fera vite découvrir par John Hammond un "jazz aficionado" et il fera enregistrer son premier album en 1937 dans un studio autogéré par des noirs ne voulant pas être lésé par la mafia italienne qui possédait et gérait le music business.

Ses "head" arrangements furent axés sur le piano et sur une section rythmique incroyable constituée de Freddie Green à la guitare jazz, Walter Page à la contrebasse et Jo Jones aux drums. Eddie Durham et ses techniques d'arrangement vont aussi contribuer au style Basie et son succès sur 5O ans. April in Paris et "one'o clock jump" sont les standards renommés de Basie parmi d'autres. Count Basie et Eddie Durham le guitariste vont créer un style nouveau rythmiquement parlant. Freddie Green va permettre à la guitare rythmique grâce à son habilité et son efficacité toute en légèreté de devenir un instrument accomplit dans le jazz avec son style "pompe" sur des noires, comme le contrebassiste qui va innover avec ses "walking bass" lignes et encore le batteur Jones qui va intégrer des syncopes et des anticipations sur les temps forts et le "cha ba da" de la charleston. Tous ces éléments vont être la signature du style Basie stomp kansas city blues. Les enregistrements étaient souvent fait sur 78 tours mais en concert, les pièces duraient 15 minutes voir plus, son orchestre fut appelé la "machine à swing". Il accompagna de grands chanteurs et divas comme Frank Sinatra et Ella Fitzerald.

Ce qui caractérisa ces orchestres de la swing era fut  le fait que la musique y fut "arrangée" et non improvisée. Count Basie avait plus d'efficacité que les orchestres de Duke et autres maîtres du swing. Il faisait des variations du Blues style en utilisant la polymodalité, la polytonalité et la polyrythmie.

       Count basie orchestra                                                    Freddie Green

count-basie-orchestra.jpg   freeddie-green.jpg

Les évolutions du swing stomp

Certains orchestres ont utilisé 12 façons de faire du blues et de l'exprimer; de l"expressionisme en dissonances dans l'esprit "jungle" aux ballades romantiques, d'autres vont amalgamer toutes les tendances "latino" de la salsa à la bossa nova en passant par le meringue et le passodoble. Glenn Miller et son big-band vont représenter le jazz de variété de la musique américaine en Europe entre 30 et 45. Il décéda à la guerre 39-45 de façon énigmatique. Beaucoup de solistes blancs vont jouer dans son orchestre, il était un arrangeur et un chef d'orchestre hors pair, mais un soliste sans grand talent.

Il était exigeant et il a stylisé un jeu en "whawha de trombone et le jeu de la trompette avec des gimmicks. Les big-bands vont se mettre à disparaitre car ils étaient coûteux et beaucoup de musiciens vont partir à la grande guerre. Les grèves des professionnels des studio vont précipiter leurs fins.

John Kirby

Il va créer une tendance, un style en jazzifiant les morceaux classiques. Il se produira en sextet et dans des formations plus petites comme en quartet. Benny Goodman aimait également se produire en quartet et en trio ce qui le mettait plus en valeur comme soliste.

John Kirby va être le premier à créer des formations mixtes racialement parlant.  Il a engagé notamment Lionel Hampton et Charlie Christian qui fut le premier guitariste à jouer amplifié. Il associait le vibraphone et la clarinette. Les"pick-ups" bands furent à la mode dans les années 30. C'étaient des formations qui se réunissaient pour une séance d'enregistrement. Teddy Wilson va aussi se préter à ces petites formations.

Le pick-up band de Lionel Hampton enregistra "i am in the mood for swing". Ce morceau fut enregistré avec des musiciens de séance. Un morceau de Mozart jazzifié par John Kirby "Minute waltz" fut enregistré par un pick-up band également. 

       John Kirby contrebassiste

jkirby    Charlie-Christian-The-Genius-of-the-Electric-Guitar.jpg

Billie Holiday

Le theâtre "Apollo" dans le quartier d'Harlem à New-York à été le seul lieu de spectacles bon marché de musique et dance où les noirs pouvaient être engagés. Ce furent des spectacles libres avec des concours de musiciens et de chanteurs ou chanteuses amateurs organisés par Ralph Cooper et dont le prix fut de pouvoir performer et d'enregistrer en studio avec des orchestres renommés du quartier et plus. C'est ainsi que Billie Holiday ayant à peine 15 ans à fait ses débuts dans le monde du Jazz. Beaucoup de musiciens célèbres comme Ella Fitzerald, Sarah Vaughan etc. ont passé par cet endroit avant de ce faire un nom dans le jazz business.

Billie Holiday fut une des plus admirées des chanteuses de Jazz. Elle connut une enfance qui plus est une jeunesse très difficile et instable, mais son désir de devenir une chanteuse eu raison de ses malheurs. Ses problèmes liés à l'héroine et l'alcool ont gaché sa carrière et sa voix. Le chant vocal qu'il soit jazz ou de variété fut à cette époque une question de timbre et d'émotion dans sa valeur plus que sur le texte ou aussi l'opposé certes dans certains cas.

Billie Holiday mélangeait les deux, elle avait le talent de pouvoir improviser mélodiquement sur des standards. Son génie était bien situé aux niveaux des textes, mais elle développait du feeling, de l'expressivité dans son interprétation des chansons malgré son peu d'éducation. Beaucoup de chanteuses de jazz ne s'occupait pas des textes, mais elles étaient des virtuoses dans l'art vocal. Elle avait du tempérament, ce qui était difficile dans ce monde d'hommes. John Hammond la découvrit et la fit travailler avec des orchestres très différents, mais beaucoup vont vouloir l'accompagner, ce qui va la rendre célèbre dans le monde entier, mais les problèmes raciaux vont lui donner des soucis. Billie Holiday et Lester Young se comprenaient très bien, il était mal adapté à la société, un marginal. On les considérait comme Roméo et Juliette. Elle rendait les textes suggestifs et charnels.

Billie Holiday travailla pendant toute sa carrière avec les plus grands maîtres du jazz, tels Louis Amstrong et Teddy Wilson tout comme Lester Young. Elle avait un rendu rythmique difficile, très peu de notes sur les temps. Elle demeura une Diva du jazz qui reçu beaucoup de récompenses à titre postume.

 

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Body and Soul

Ce fut l'une des plus belles improvisations du jazz au saxophone alto par Coleman Hawkins en 1939 sur deux chorus qui prennent toute la plage du disque. Beaucoup de grands musiciens vont enregistrer ce standard dont  Billie Holiday, Frank Sinatra, Ella Fitzegald. On lui demandait souvent de jouer ce morceau de musique, mais Coleman Hawkins était un créatif qui aimait l'improvisation et il ne pouvait que jouer qu'une partie de son solo et la coda finale. Il va encourager de nouveaux musiciens comme Monk et Charlie Parker dans un courant innovateur le Be-bop. Il fera même du free-jazz en 1960.

coleman-hawkins.jpg     coleman-hawkins-the-indispensable-coleman-hawkins-body-and-.jpg

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